Seine & Marne, Le magazine, Culture / patrimoine Quand les classes orchestre suscitent des vocations
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Contrairement aux cours classiques d’éducation musicale, la classe orchestre est une option sur trois ans, de la 5e à la 3e , non évaluative, fondée sur le plaisir et la progression collective. Les élèves y jouent ensemble, construisent une écoute mutuelle, apprennent à s’exprimer autrement. Soutenu par le Département et l’association Orchestre à l’école, ce dispositif est déployé dans plusieurs communes du territoire, comme Magny-le-Hongre, La Ferté-Gaucher, La Chapelle-la-Reine ou encore Provins.
Au collège des Maillettes, situé dans un quartier prioritaire, les élèves consacrent deux heures par semaine à ce projet. Encadrés par des professionnels, dont des professeurs du conservatoire, ils apprennent la lecture musicale, la pratique instrumentale et la vie de groupe.
Maxime Lemasson, aujourd’hui enseignant à l’académie de Nantes, fut l’un des premiers professeurs à encadrer une classe orchestre à Moissy-Cramayel. Il se rappelle sa première rencontre avec Brice, alors en 4e : « Un mercredi matin à 8 h, entouré de profs du conservatoire, avec de gros instruments dans les bras des élèves… C’était intimidant pour tout le monde ! » Brice raconte : « On testait tous les instruments. J’avais mis le saxophone en premier vœu, la clarinette en deuxième. Finalement, on m’a mis à la clarinette et je ne regrette pas du tout ! »
Selon Maxime, l’évolution de Brice a été marquante : « Il a appris à lire les partitions, à écouter, à jouer juste. Il a progressé très vite, avec rigueur. » Élève discret, Brice ne mesurait pas encore son potentiel musical. « Je ne connaissais même pas le conservatoire de ma ville, se souvient Brice. Grâce à ce projet, j’ai découvert la clarinette et un nouveau monde. »
L’expérience de la classe orchestre a laissé une empreinte profonde chez Brice Bartel. « J’ai gardé des amis très proches. Même ceux qui n’aimaient pas trop la musique ont adoré l’ambiance. Trois ans ensemble, ça crée des liens. » Devenu étudiant, Brice s’engage dans une filière musicale et, à l’occasion d’un stage d’observation, revient dans son ancien collège. « C’était spécial de revoir mes profs… et d’être de l’autre côté, maintenant en salle des profs. » Maxime raconte avec fierté : « Il a pris la place du prof, un peu comme au théâtre. Il a mis les mains dans le cambouis. C’est là qu’on voit ce que la transmission signifie vraiment. »
Brice envisage désormais de devenir enseignant, avec un objectif : transmettre cette ouverture culturelle. « Je veux que les élèves découvrent autre chose que ce qu’ils entendent tous les jours. Du tango, du reggae, du reggaeton… Leur ouvrir des horizons. » Maxime l’encourage : « Les élèves ressentent quand on est passionné. Et c’est ça qui fait la différence pour transmettre. »
Aujourd’hui, la musique est partout : dans les films, les écouteurs, les réseaux. Le défi, selon Maxime, est de leur apprendre à écouter autrement : « Il faut simplement les aider à tendre l’oreille, à comprendre ce qu’ils ressentent. »
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