Culture / patrimoine, Histoire, Archives, Personnalité historique Figure historique en Seine-et-Marne (3/12) : Angèle Mercier, agent de liaison

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Au printemps de sa vie, Angèle Mercier (1909-1943) vit à Touquin et travaille chez des commerçants de fruits et légumes à Coulommiers et des environs. Au début des années 1930, elle quitte la Seine-et-Marne et devient gérante d’un hôtel à Paris. Elle vit avec Pierre Landrieux (1913-2008), militant communiste, engagé dans les Brigades Internationales. C’est de cette rencontre que son engagement politique prend forme, alors que la Guerre d'Espagne éclate (1936-1939).
Lorsque Pierre Landrieux part en Espagne combattre le fascisme entre 1936 et 1938, Angèle Mercier, également membre du Parti communiste, aide les familles de républicains espagnols réfugiés en France. Alors que Pierre Landrieux est fait prisonnier en juin 1940, Angèle Mercier poursuit son combat.
Elle diffuse des tracts dénonçant le régime de Vichy et l’Occupation et fréquente d’anciens membres des Brigades internationales, dont le futur « Colonel Fabien », Pierre Georges (1919-1944). Au printemps 1941, elle les rejoint au sein de l’Organisation Spéciale, groupe armé du Parti communiste français à la base du mouvement de résistance des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Angèle Mercier devient l’agent de liaison de l’état-major de la région parisienne. Elle transporte des armes, des messages et assure le contact avec plusieurs groupes de résistants dont les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).
« Pour moi, la santé est bonne si ce n’est que je souffre de la faim, du manque de nouvelles de mon René et de vous tous. »
Arrêtée le 21 décembre 1942 à Levallois-Perret par des policiers français des brigades spéciales, Angèle Mercier est torturée durant 7 jours, sans jamais rien révéler. Elle est transférée à la prison de Fresnes puis à Compiègne, avant d’être déportée le 24 janvier 1943 à Auschwitz.
Le convoi qui emmène Angèle Mercier du 24 au 27 janvier 1943 a été le seul à transporter des femmes françaises désignées « politiques » au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Surnommé « le convoi des 31 000 », en raison des numéros d’immatriculation attribués, il transportait 230 femmes. Seules 11 d’entre elles ont survécu. Angèle Mercier décède d’épuisement à Auschwitz le 9 avril 1943.
Une lettre jetée du train
Lors de sa déportation du 24 au 27 janvier 1943, Angèle Mercier jette une lettre du train, ramassée par des cheminots. Dans sa lettre, elle s’adresse à Henriette Landrieux, la mère de Pierre :
« Bien chère mère, après avoir passé 25 jours à Fresnes et 2 jours à Compiègne, nous partons demain pour l’Allemagne. Je vous espère en bonne santé. Pour moi, la santé est bonne si ce n’est que je souffre de la faim, du manque de nouvelles de mon René et de vous tous. Je ne puis vous écrire toute la peine que je ressens de quitter mon sol natal ; mais j’espère bientôt vous revoir. Je vous recommande ma mère… Je suis avec beaucoup de femmes, avec la petite Simone Sampaix et il y a vraiment de braves femmes pour me remonter le moral. Enfin il faut prendre courage et beaucoup de patience. J’espère que je verrai mon René bientôt. Je souffre de ne pas avoir de ses nouvelles. J’espère que vous en avez de bonnes. Dites-lui que je l’embrasse de touts mon cœur et que toutes mes plus douces pensées vont vers lui. Je vous quitte tous en vous embrassant et espérant être bientôt parmi vous. Et vous, chère mère, je vous embrasse tendrement. Votre Angèle. »
« René » est le surnom de Pierre Landrieux qui est libéré de prison à la fin de la guerre, en 1945.
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